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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:36
http://www.lefigaro.fr/medias/2009/10/09/20091009PHOWWW00265.jpg
Avec ma précédente chronique concernant l'album "A Tribute To Jack Johnson" enregistré en février et en avril 1970, je tentais de vous faire part de mon amour immodéré pour la musique avant-gardiste du génialissime Miles Davis. Un tel métissage de rock et de jazz n'avait encore jamais été osé, à tel point que la Columbia ne croira pas à son succès et en bâclera la publication en 1971. 40 ans plus tard, ce disque (comme bon nombre d'autres) figure parmi les plus apprécié des amateurs et constitue un témoignage incontournable pour quiconque souhaite appréhender la musique du trompettiste.

En 2 ans (de 68 à 70), Miles est passé par de nombreux états créatifs et s'est appliqué à constamment rechercher de nouveaux sons, toujours plus révolutionnaires, capables d'exprimer ce que personne n'avait encore jamais envisagé. Ce changement de direction est en partie dû au tout nouveau patron de Columbia, Clive Davis, qui a su prendre la mesure de la montée des musiques pop, rock et folk. Dès 1967 il presse les jazzmen de son catalogue d'évoluer ou de partir. Miles aspire à relever le défi face à ces musiques blanches qui l'intriguent autant qu'il les méprise, et veut sortir du ghetto les musiques noires populaires (soul - funk) dont il estime le rock redevable. Cette même année, il expérimente avec sa formation de nouvelles techniques d'enregistrement, laissant tourner les bandes en continu pour les laisser aux montages de son producteur Teo Macero, et impose les claviers électriques à son pianiste Herbie Hancock (il adorait ce qu'en faisait Joe Zawinul avec Cannonball Adderley). C'est également à cette époque qu'il décide d'incorporer de la guitare à sa musique (Joe Beck - George Benson). A force d'écouter James Brown, il commence à aimer de plus en plus le son de cet instrument, et jusqu'à la fin, il aura presque toujours un guitariste dans son orchestre. Guitare plus électricité: une combinaison qui va changer sa musique. Un nouveau jazz était né, et avec lui une nouvelle ère extrêmement prolifique se faisait désormais sentir.


 

 


 "Filles De Kilimanjaro" est un des disques les plus représentatifs de ce changement en cours, mais aussi personnellement l'un des plus beaux qu'il ai écrit (pour l'anecdote, Kilimanjaro, en plus d'être une montagne africaine bien connue, est une société de torréfaction lui appartenant). C'est Betty Mabry, future Madame Davis (elle enregistrera par la suite sous le nom de Betty Davis), qui figure sur la couverture. Cette jeune femme de 23 ans qui s'est imposée au coeur de la scène noire branchée, présente Sly Stone et Jimi Hendrix à Miles et lui apprend à s'habiller autrement qu'en complet-veston. Sa brève influence (ils ne seront mariés qu'un an) sera décisive dans la suite de la carrière de Miles. A présent, le studio est devenu pour lui un lieu privilégié lui permettant toutes les audaces, et il y passe le plus clair de son temps. Enregistré le 19, 20, 21 juin, puis le 24 septembre 1968, "Filles De Kilimanjaro" est également le disque qui marque la fin du deuxième quintet de Miles Davis comprenant alors Ron Carter, Wayne Shorter, Tony Williams et Herbie Hancock (au moment de terminer l'album en septembre, Chick Corea et Dave Holland ont pris la place de Herbie Hancock et Ron Carter). C'est désormais lui seul qui compose tous les morceaux (notons que Gil Evans a certainement contribué aux arrangements mais qu'il n'a jamais été crédité). Son jazz se modernise pour s'ouvrir vers d'autres sonorités plus contemporaines, plus "jeunes", et qu'il espère propices à toucher un plus large public.

C'est d'ailleurs le fait le plus marquant du tournant qu'il emprunte. Il n'hésite plus à piocher dans d'autres répertoires pour faire évoluer son jeu. Le titre "Mademoiselle Mabry" (une pure merveille), qui se développe à partir des premières notes de "And The Wind Cries Mary" de Hendrix, et "Frelon Brun" (tout aussi prodigieux), inspiré de "Cold Sweat" de James Brown, suffisent à comprendre que, comme toujours chez Miles, la distance d'avec le modèle est à l'échelle de son pouvoir de transfiguration. Très proche du mythique "In A Silent Way" de 1969, dont quelques morceaux présents sur "Filles De Kilimanjaro" figurent dans le coffret intégral des sessions d'enregistrements, vous ne serez pas surpris à son écoute de constater les prémices d'un jazz dépouillé et "sommaire" préfigurant la nouvelle orientation rythmique et mélodique qu'impose l'utilisation de ces nouveaux instruments. Comme autant de respirations majestueuses, les solos laissent plus de place aux silences et n'expriment plus que l'essentiel des notes. Une justesse étourdissante de vitalité où chacun y va de son hymne à la vie. Les structures se disloquent doucement sur le son limpide de la trompette. Les claviers électriques se font plus discrets et tempèrent graduellement de leurs grooves irrésistibles les chorus que se renvoient Davis et Shorter sur "Petits Machins", puis Shorter et Williams sur "Tout De Suite". A seulement 22 ans, Tony Williams s'affirme désormais comme l'un des tout meilleurs batteurs du monde, et son affinité avec Miles se ressent sur tous les morceaux de l'album. Clairement, on approche de la perfection et on fleurte avec le miracle.


En parlant de Miles, le critique Max Harrison avait déclaré: « excepté dans sa jeunesse, ce trompettiste n'a jamais été un très bon soliste», s'empressant de rajouter: «c'est son approche du jazz dans son ensemble qui est au coeur de sa créativité ». En effet. Il n'en avait d'ailleurs pas la prétention, comme l'atteste cette déclaration: « Dès qu'on souffle dans un instrument, on sait qu'on ne pourra rien en sortir que Louis (Armstrong) n'ait déjà fait ». Mais qui d'autre aura été aussi visionnaire dans le choix de ses musiciens et dans la direction artistique à suivre. En fait personne (ou si peu).  Miles à construit et façonné de nouvelles musiques pendant prêt de 40 ans, relevant constamment de nouveaux défis, et sans jamais douter. Sa perspicacité et son audace tiennent pour beaucoup dans sa réussite, tout comme son entourage. "Filles De Kilimanjaro" n'est qu'une preuve supplémentaire de cet incroyable parcours, et un testament éloquent quant à la beauté de sa musique. Un indispensable, assurément.


Une dernière citation pour la forme, en guise de conclusion. Répondant à un journaliste, toujours aussi modeste et humble s'agissant de parler de lui: « Qu'avez-vous fait de si important dans votre vie ? J'ai changé la musique cinq ou six fois ». Et lucide avec ça...


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Published by Audiocity - dans Jazz
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