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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:04

http://www.cullyjazz.ch/typo3temp/pics/10fc836b2c.jpg

 

 

Les anglais de Get The Blessing ont tout pour "ratisser" large comme on dirait dans le jargon des majors: au moins 2 noms "bancables" à positionner en avant lors de la traditionnelle promo (Clive Deamer et Jim Barr, respectivement batteur et bassiste du groupe Portishead), un concept bien ficelé surfant sur un jazz-noïsy un rien punk, une image atypique et intrigante où chacun se cache le visage sous un sac plastique coloré en guise de présentation, un joli clip pour accompagner le single "OCDC", et enfin de bons relayeurs positionnés stratégiquement dans la presse spécialisée.

C'est ainsi qu'on fait du business aujourd'hui. La musique seule ne suffit plus à "générer" suffisamment de recette pour les investisseurs du milieu, alors on imagine un "package" commercialement viable image-son-vidéo. Le tout est estimé, calculé par de sombres experts afin de limiter les pertes au minimum tout en rentabilisant le produit au maximum. Aussi, dans ce contexte avouons-le médiocre, pourquoi le jazz n'aurait-il pas sa place parmi les autres prétendants à la réussite du chiffre et de l'image. Et, dans le cas de Get The Blessing, pourquoi ne pas utiliser toutes les ficelles du métier, aussi grossières soient-elles, pour se vendre à la manière d'une rock-star ou d'un artiste de tout autre calibre vanté par la loi des chiffres ou par le nombre de fans revendiqués sur facebook, plus que pour la qualité de son art. Le genre je me look, je travaille ma lumière et mon style, je fais parler moi, et j'inonde le marché en faisant croire au génie (pathétiquement viable). Moquerie préméditée ou volonté affirmée de jouer la carte de la singularité, ici je pencherai naturellement pour la 1ère option, car à y regarder de près, ce groupe n'a rien de "normé". Inutile de chercher plus loin les points communs entre ce que vous allez écouter maintenant et ce qu'il est convenu d'entendre habituellement. S'il a l'aspect vert luisant d'une pomme Granny Smith vendue sur un étal de supermarché, le contenu de ce "OCDC" ressemblerait plus à du Oddjob, Tonbruket, Soft Machine, Morphine, des noms que je n'ai pas l'habitude de côtoyer chez Carrefour et qui d'après moi ne sont pas prêts de s'y retrouver.


S'inspirant de la musique que jouait le quartet d'Ornette Coleman à la fin des années 50, les britanniques de GTB ambitionnent dès 1999 de s'essayer au difficile exercice du groupe jouant sans clavier. Voilà pour la petite histoire; sur le papier le rapprochement est envisageable mais dans les faits c'est moins net, et l'on constatera vite qu'on est tout de même loin du génie créatif dont faisait preuve le saxophoniste.

Une fois accepté le côté plus anecdotique que réaliste de la chose, on envisage cet album sous un autre angle, en commençant par oublier qu'il s'adresse en priorité à des "amateurs" de jazz. C'était déjà le cas des précédents disques, et de ce point de vue rien n'a changé. Si le parcours individuel des musiciens n'a rien de commun dans l'univers musical qu'ils abordent, leur musique n'a quant à elle rien de comparable avec les standards actuels et s'articule essentiellement autour du binôme basse-batterie dans un format assez conventionnel qui n'évolue pas vraiment au fil des thèmes abordés, les cuivres prenant tour à tour la parole sur des airs rocks souvent progressifs mais sans réelle "virtuosité" de leur part. Retour de bâton ou souhait partagé, toujours est-il que les morceaux ne se valent pas tous et qu'il arrive que l'on ressente assez nettement le manque de "technicité" du groupe, bien aidé pourtant dans le choix des arrangements qui a eux seuls valent qu'on s'intéresse à l'album, l'essentiel de son contenu étant souvent trop prévisible et trop construit à mon goût (ou bien l'ai-je déjà trop écouté).



Enfin, malgré toute la bonne volonté de GTB à vouloir s'inspirer du passé, j'ajoute que le choix de ne pas incorporer de clavier fait peser sur l'ensemble du disque une ambiance monotone et sombre qui pousse l'auditeur dans des retranchements proches du sentiment d'oppression, si bien que pour éviter l'énervement je préfère de loin l'écouter en plusieurs fois. Voilà pour mon expérience en la matière, tout en souhaitant que tout ceci n'ait pas les même effets sur votre comportement. Puisez dans le lecteur les preuves de ce que j'avance, et advienne que pourra.

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Published by Audiocity - dans Jazz Fusion
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