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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 11:39

 

A peine entamée la lecture de ce disque, l'introduction de "Confessions To My Unborn Daughter" ne laisse aucun doute. Ambrose Akinmusire est tel que le décrivent les spécialistes : un sacré trompettiste au phrasé délicat et à la technique irréprochable. Son disque "Prelude (To Cora)" publié chez Fresh Sound en 2007 présageait déjà des qualités de ce musicien californien sorti major de nombreuses écoles de formations musicales ( Manhattan School of Music - Berkeley High School - diplômé en 2007 du Masters Program de l'Université de Californie du Sud ainsi que du Monk Institute of Jazz). Un pedigree chargé et un nom qui commence à faire écho pas seulement aux Etats-Unis, il n'en fallait pas plus pour que Blue Note "s'empare" de ce prodige et lui fasse signer son 2e opus pour la firme internationale.
 
Mon impression à l'écoute de "When The Hearts Emerges Glistening" est pourtant mitigée et m'accorde à penser que ce disque, bien qu'il renferme quelques beaux moments à ne pas négliger, ne sera pas celui de le révélation qu'annonçaient certains. Sans doute que l'enjeu (tout relatif s'agissant du jazz puisque très confidentiel) qui fut dépeint par les critiques enthousiastes a pu déteindre sur mon jugement, si bien qu'une fois en mains je fus vite déçu, m'attendant sans doute à quelque chose de plus contemporain de la part du jeune homme. Toujours est-il qu'après l'avoir acheté la semaine même de sa sortie je me retrouve, plus d'un an après, avec cette page blanche et le sentiment toujours pénible le concernant d'être trop souvent en train d'assister à une démonstration de technicité pure, souvent au détriment du feeling et de la musicalité, ce qui explique en partie ma déception, ou encore le fait que je l'ai si peu écouté.
 
Pour commencer, je trouve l'écriture lourde. Trop de notes et de changements mélodiques dénaturent les thèmes, ou encore les chorus, techniquement irréprochables mais qui n'inspirent pas à la compréhension, voilà qui me laisse pantois. A l'inverse de ce que suggère le titre, le scintillement qui émerge de ce coeur est d'abord le fruit d'un certain académisme rigoureux mais qui manque encore de "tact". Les chevaux sont lâchés et partent au galop sans qu'on ait le temps de dire ouf, allant parfois jusqu'à perdre haleine, les structures étant trop souvent construites sur un déferlement d'accords et de gammes qu'il est souvent dur de suivre ("Jaya" - The Walls Of Lechuguilla"). La sonorité d'ensemble est très chargée, surtout lorsque se mêle le jeu trompette-saxophone de Akinmusire et de Walter Smith III qui disperse l'écoute en interférant sur la section rythmique que l'on n'entend plus assez distinctement pour nous  permettre de nous situer ("Confessions"). Elle varie le plus souvent entre "free" et classique, et si l'on sent bien qu'il y a plaisir entre les musiciens, le partage envers les auditeurs n'est pas ce que l'on retiendra principalement. D'ailleurs j'ai beau l'écouter, je ne mémorise pas grand chose, hormis son côté "carré" et "professionnel" intrusif. C'est avec les moments de calme que je m'y retrouve vraiment, plus sereins et moins portés sur l'expressivité stricte ("Henya" - "Regret" - "Ayneh" et ses deux parties pistes 8 et 13 en hommage à sa mère, ou "Tear Stained Suicide Manifesto" qui rappellera ce que fait déjà Christian Scott), ou lorsqu'à l'inverse il ose des sauts vers quelque chose de plus atypique, quitte à délaisser l'instrument le temps d'un slam, comme sur "My Name Is Oscar", un titre intrus faisant la part belle au batteur Justin Brown.
 
Je vous laisse en écoute 6 titres parmi mes préférés histoire de vous permettre de situer rapidement dans quoi vous mettez les pieds, avec comme de bien entendu les liens essentiels pour acheter ou vous renseigner. Dans le jazz, comme dans la musique en général, il en faut pour tout le monde. Ainsi s'en trouvera t-il surement des plus convaincus que moi et, pourquoi pas, gagnera t-il de nouveaux fans grâce à cette petite chronique assez pessimiste, certes, mais qui se veut d'abord subjectivement objective. Et puis, après ça, personne ne doutera que le meilleur reste à venir.
 
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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 12:36

 

Superbe album Musique pour non Écrit en hommage au compositeur tchèque Leos Janacek Que le pianiste Emil Viklický Interprète Avec Un hors paire sentiment et des qualites de musicien lyrique Placé sous l'influence des pianistes Bill Evans et Winton Kelly . Voilà à quoi Vous pouvez Vous Attendre s'agissant de CET artiste enraciné Dans La culture musicale de fils pays natal qu'il s'efforce de faire vivre à Travers de Nombreux disques malheureusement trop PEU médiatisés sur le sol français.
 
Connu versez combinateur la musique folklorique morave et le jazz DEPUIS plus de 40 ans de de, Emil Viklický interest non musicien Qué J'ai découvert il ya QUELQUES Années, Réputé à juste titre Comme Etant l'ONU, plus fervents ambassadeurs de la musique tchèque Moderne . La preuve par l'Exemple, voiture C'EST rappel le CAS de ce superbe recueil de Thèmes au Japon parus en 2009-sur le label Venus Records et trouvable en France à l'ONU prix rappel Relativement abordable. Sur le dira ne Jamais Assez, MAIS sans L'Amour des Japonais Les Verser Le Jazz et Leurs efforts Constantes diffusion déversent de sa, BEAUCOUP DE D's albums DEPUIS LONGTEMPS enterrés ous de Projets personnels AINSI Actuels n'auraient Pas Trouvé entrepreneurs Ailleurs au Québec Chez Eux (Choix des Qui privilégient souvent l'excellence).
 
" Sinfonietta "en juin interest parfaite illustration, Jouant aveC Aisance De La transformation des structures originelles du 19e siècle remodelées par Viklický Dans Une Veine Parfois Proche du blues. Structures de Toujours amenées subtilement par le trio, soutenues par Idéalement George Mraz à la contrebasse et Lewis Nash à la batterie, Faisant de CHAQUE morceau Un vrai régal verser les oreilles. Tout simplement addictif .... 
 
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 08:51

 

 

 

Quel autre artiste qu'Abdullah Ibrahim pourrait revendiquer de si belle manière son appartenance à la culture et au peuple sud-américain ? Reconnu sur ses terres et au-delà pour son sens inné à retranscrire les aspirations et les souffrances des habitants noirs de ce pays, ou encore pour cette sensibilité extrême visant à se réapproprier une part de son histoire à travers des morceaux qui résonnent comme autant de moments vécus dans la conscience de ces habitants, toute son oeuvre nourrit les esprits et les coeurs de ceux qui la découvre. Son talent d'orateur éclairé n'a pas d'égal dans la sphère jazzistique, de même que son style singulier et facilement reconnaissable est unique en bien des points, à commencer par ces notes et ces saveurs parfaitement retranscrites de l'époque où il grandit à Cap Town. Et quel autre disque pour en parler de la meilleure des manières que ce somptueux "African Marketplace", qui, tel un présage aux airs de dépaysements annoncés, s'inscrit comme l'un de ses tout meilleurs et marque les esprits.
 
« nous étions socialement déracinés, politiquement et économiquement opprimés et exploités, et si nous vivons dans une ère post-coloniale, la plupart des gens sont nominalement libres, mais socialement et émotionnellement mutilés. La preuve est dans la désespérance qui ruine la vie des gens, malgré notre libération politique présumée ».
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/15/Abdullah_Ibrahim_06N4688.jpg
 
Capable des plus belles variations de genres et de profondes interprétations basées essentiellement sur la transmission orale ou chantée, Abdullah Ibrahim (né Adolph Johannes le 9 octobre 1934  et surnommé "Dollar Brand" durant ses études secondaires en référence aux célèbres cigarettes), est un griot à part entière qui a appris le piano à 7 ans. Issu d'une famille de musiciens enrichie par le melting-pot musical de la ville portuaire, sa singularité n'a pas d'égal dans le jazz. En 1962, il s'exile contraint et forcé d'Afrique Du Sud où il ne peut plus jouer librement et s'envole pour l'Europe avec sa femme Sathima, une célèbre chanteuse originaire de Johannesburg. Ce sera d'abord Zurich et les premiers cachets dans des petites salles locales, puis Sathima, femme amoureuse et pertinente qui connait bien les qualités de son homme et qui a l'oreille fine, finit par convaincre son ami Duke Ellington de venir un soir pour l'écouter jouer. Plusieurs jours s'en suivront d'échanges sur le jazz et sur l'admiration du duc pour le jeu de Dollar Brand à qu'il ne manque pas de lui proposer d'enregistrer un disque. Ce sera chose faite 4 jours plus tard pour la firme "Reprise" depuis les studios Barclay de Paris. Désormais son nom s'inscrit aux côtés d'Ellington, de Shepp, d'Elvin Jones ou de Gato Barbieri, et le pianiste jongle dorénavant constamment entre l'Europe et l'Amérique où il est très demandé.
 
Je ne reviendrai pas sur les 3 aspects distincts de sa musique dont vous pourrez trouver des renseignements tirés de sa biographie, ici ou , car l'important, au-delà du parcours émotionnellement chargé de l'artiste et de l'admiration que l'on pourrait lui porter (à juste titre), l'essentiel dans tout cela réside d'abord et avant tout dans sa musique. Aussi prenez place bien confortablement, allumez votre matériel hi-fi, et laissez-vous guider par ces douces notes africaines veilles de 33 ans, mais néanmoins sans la moindre ride.
 
http://ecx.images-amazon.com/images/I/61h6XYLA5-L._SL500_AA300_.jpg
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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 19:18

http://www.vinyculture.com/wp-content/uploads/2012/02/fillon.jpeg 

 

Un patronyme qui en dit long et la curiosité aidant, j'ai tout d'abord bêtement supposé qu'il ne devait pas y avoir de relation directe entre ce nom de famille et notre ancien premier ministre. Et puis une fois le cd déballé, le choc. Dominique Fillon ressemble tellement à son frère ainé que le doute que j'entretenais quant à cette supposée filiation n'était plus possible. Un Fillon peut donc en cacher un autre, tiens donc.
 
Mais laissons de côté cette troublante ressemblance, car celui-là est bien loin de la politique et partage son temps sur scène ou en studio entre la France et le Japon, d'où est originaire sa belle famille. Il oeuvre comme pianiste depuis déjà de nombreuses années et sortait en janvier 2012 par l'intermédiaire du label Crisatl Records, son 2e album en tant que leader, "As It Comes", celui là même que je vous propose de découvrir aujourd'hui.
 
Fruit d'une commande pour le label japonais Atelier Sawano, ce disque a été enregistré en janvier 2011 et avait déjà vécu un an sur le sol japonais avant que son éditeur ne décide de le sortir chez nous. Mêmes morceaux et même objet, depuis le tracklisting jusqu'au choix du graphisme de la pochette, identique en tout point d'avec celui paru au Japon :
 
« Puisque ce CD a été commercialisé par le label Atelier Sawano, spécialement pour le marché japonais, il était naturel et contractuel de le laisser faire sa vie au Japon pendant presque un an, et c'est seulement après cette vie au Japon que nous pouvions lui donner une autre vie en France. Et puis il m'a semblé intéressant de vendre ce CD exactement comme il l'a été au Japon, avec la même pochette, le même packaging et le même ordre ».
 
 
C'est un disque que j'aime beaucoup pour sa couleur mélodique, le toucher de son pianiste, l'harmonie entre les musiciens, la souplesse des thèmes et le sentiment de quiétude qui s'en dégage. Léger comme l'air et suffisamment robuste pour faire face à la situation en trio, "As It Comes" devrait facilement trouver son public sur le sol français, du moins je l'espère.
 
« Le trio est effectivement une formation très "standard" pour le jazz, et je suis toujours un peu en marge des conventions. Je n'ai enregistré ce trio que parce  qu'un label de jazz japonais me l'a demandé. J'ai trouvé intéressant de répondre à une commande et j'ai eu plaisir à me laisser guider par ce label. Ils ont choisi les morceaux parmi ceux que j'ai proposés et ont décidé de l'ordre des titres ainsi que du design complet de ce CD. "As It Comes", parce qu'il m'a fallu composer très vite. Plus rapidement que je ne l'avais jamais fait. J'ai été surpris de voir que cela se passait très bien et que la musique venait si vite. Toutefois quelques titres existaient déjà et m'ont permis de finir à temps pour l'enregistrement ! La version de "Détour", "Al Mood Samba", et "Abuelos", tournaient déjà dans mes mains depuis quelques années ».
 
Qu'on se le dise, voilà un disque à ne pas prendre à la légère qui s'inscrit comme un bel exemple de ce dont est capable Dominique Fillon, à l'aise pour faire swinguer les mots et bien installé dans son rôle de leader créatif et accrocheur. Dans la famille Fillon, je demande l'artiste. Mais non nigaud, pas celui en costume fan de supercars, l'autre, celui aux cheveux longs qui fait parler le piano...
 
Citations tirées d'une interview pour le site piano bleu à retrouver ici.
 
http://ecx.images-amazon.com/images/I/41KAOpcoBIL._SL500_AA300_.jpg
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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:32

http://www.allaboutjazz.com/media/large/d/3/a/a6fdd2f75e8a8cb3b181c3ac535df.jpg

 

 

Lorsqu'on connait le point de vue de Nicholas Payton sur le jazz actuel et ses récentes prises de position en sa défaveur, il y a de quoi être surpris. Selon lui le jazz "moderne" se meurt dans des considérations trop intellectualisées. Il n'est plus en prise avec le quotidien des gens, coupé du contexte social qui était le sien au départ (extrait d'une interview dans le Jazz News d'Août 2012) : « cette musique est née et reflétait l'expérience d'une communauté. Quand vous enlevez cette dimension, que reste-t-il ? Un style » (à ce sujet, il opte désormais pour le terme B.A.M, pour Black American Music, dérivé subjectif qui d'après lui permet de relier tous les genres sous une seule et même dénomination). Une polémique toute relative qui a fait le buzz au début de l'été et que beaucoup de musiciens ne partagent bien évidemment pas. Il faut dire aussi que, venant de la Nouvelle-Orléans, ville socialement et culturellement ancrée dans le jazz, Nicholas Payton sait de quoi il parle. La tradition il connait, comme l'atteste le disque dont il est question aujourd'hui. Pour autant, peut-on vraiment parler d'évolution ? Comme beaucoup de musiciens, il s'est tourné en son temps vers un jazz teinté de funk ou de hip-hop, histoire de "garder le contact" avec la nouvelle génération, un peu à l'instar de ce que faisait Miles Davis dans sa grande période électrique (la comparaison s'arrête là). « Plus une musique se coupe de son environnement social, plus elle devient.... insulaire (N.P) ». Est-ce le fruit de la mondialisation, ou plus simplement l'émancipation des nouveaux outils de communications ? Toujours est-il qu'il me parait difficile dans un monde "ouvert" et "connecté" de ne pas succomber à la tentation de vouloir s'adresser au plus grand nombre. Dans ce contexte, les styles, les langues et les cultures se heurtent constamment, si bien qu'il n'est pas rare que des échanges s'opèrent naturellement, et ce sans que l'on ait à se demander si ce que l'on fait s'inscrit vraiment "dans la tradition" ou non, ou encore envers la communauté ou non. La digestion des styles et des courants prend du temps mais se fait sans en ignorer les origines, et peut importe le conservatisme de certains qui ne jurent que par le noir et blanc.

En cela, l'enrichissement personnel  n'a pas de limites et donne souvent naissance à un univers musical qui s'abreuve à différentes sources et qui s'inspire autant du passé que du moment présent. Seul le contexte social a changé, s'étendant à présent à toute la frange du globe, plus vaste et plus uniforme qu'auparavant, les peuples étant soumis au dictat de la mondialisation qu'ils soient de Chine ou des Etats-Unis, en passant par l'Europe. Vouloir à tout prix prêcher pour une paroisse aux odeurs de formol sans chercher à contextualiser sa musique n'a pas de sens, surtout en ces temps de doutes et de questionnements sur la marche de l'Histoire. Le jazz d'aujourd'hui est donc bien en prise avec le quotidien des gens; seule sa forme mue selon qu'il provienne de telle ou telle région du monde, et rien ne changera le fait que Miles, John, Charlie, Bud, Ornette ou d'autres en soient les pères fondateurs. Pour ma part j'ai toujours écouté énormément de musique. Le même type 40 ans plus tôt aurait eu besoin de 3 vies pour en entendre autant. Idem pour les musiciens. Pour peu que vous ayez du talent et de bonnes connaissances "basiques" (on en revient aux fondamentaux), rien ne vous empêchera par la suite d'user de toute l'étendue des connaissances qu'offre la vie moderne pour faire évoluer votre musique comme bon vous semblera, et de préférence plus loin que la restrictive voix communautaire dont parle Nicholas Payton. Mais pour en revenir à ce qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir ce "Into The Blue" au titre évocateur (polémique comprise), rien ne sera plus parlant pour clarifier mon propos que les extraits que j'ai choisis pour illustrer l'album.


Typiquement "classique" et pas follement jouissif pour un sou, ce disque sorti il y a 4 ans se veut donc dans la "tradition", une touche de modernité en plus avec l'apport du Rhodes et de quelques claquements de batteries "osés" mais peu convaincants. Pour être tout à fait honnête, il ne contient rien de novateur, si bien que j'ai du mal à croire qu'avec un tel opus il parvienne à rapprocher la jeunesse vers le jazz. Lancer le titre "Blue" (ou d'autres), c'est d'abord se faire sévèrement suer. Pour ma part je préfère de loin écouter ce dont sont (ou étaient) capables des artistes comme Boyan Zulfikarpašić, Anouar Brahem, Aaron Parks, Esbjörn Svensson, Christian Scott ou Michel Petrucciani (pour ne citer qu'eux). Finalement, "Into The Blue" passe surtout pour un insipide "Kind Of Blue" (qu'aucun disque ne fera oublier). A l'écoute, on ne retiendra finalement pas grand chose hormis ce très joli timbre suave de trompette dont on regrettera vite qu'il se trouve isolé face à la monotonie des thèmes. Même les embardées de Kevin Hays aux claviers ne m'ont pas persuadé de l'intérêt d'un tel disque, doux à n'en plus rien sentir et lisse comme une route trop bitumée. Son plus gros défaut provient surement des percussions qui semblent tout droit sorties du ventre d'un synthétiseur-arrangeur, ou encore les sons de batteries "cheaps" qui à eux seuls gâchent bon nombre de morceaux ("Triptych" - "The Crimson Touch" - "Nida" - "Fleur De Lis" - "The Charleston Hop"). Typique du son de l'album, section rythmique comprise, la sonorité générale est assez uniforme et manque globalement de "peps", exceptée faite de quelques chorus de Payton. Reste qu'après avoir lu le constat qu'il dresse sur le devenir du jazz, l'envie me pousse à aller voir plus en détail ce qu'il a pu produire depuis, mais également par le passé. Mais pour l'heure, n'en ayant pas d'autres à vous proposer, vous comprendrez que l'occasion était trop bonne de revenir sur ses propos tout en les confrontant à une musique, comment dire... pour le moins peu adéquate à me faire vibrer mais, dois-je à mon grand regret le reconnaitre, plutôt en accord avec les arguments qu'il défend (je vous invite à lire l'interview en question si vous en avez l'occasion ou encore à aller sur son blog, ici).

C'est donc à un album très classique et peu enthousiasmant que vous pourrez vous attendre en la compagnie de "Into The Blue", en espérant que parmi sa discographie personnelle quelques moments choisis puissent éveiller en moi cette "dimension de l'expérience de la communauté" à travers son oeuvre, qui pour l'heure, et après une étude approfondie, m'échappe quelque peu. A suivre donc.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/414KTWAjYBL._SL500_AA300_.jpg

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