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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 18:12

http://www.actmusic.com/images/hi_res/est_010_34_by_Jim_Rakete_2007.jpg

 

Je ne vous apprendrai rien sur la nécessité absolue d'offrir à tous ceux qui ne connaissent pas encore E.S.T la possibilité de s'y intéresser enfin.

En 15 années d'existence et presque autant d'albums, ce trio a tout simplement révolutionné la manière de concevoir le jeu à trois. Plus qu'une simple formation de jazz contemporain, E.S.T est d'abord et avant tout un immense groupe tout court. Leur musique est tout à la fois si riche de fond et si spontanément "engagée", que le public et les critiques  avaient pris lieu au fil du temps de les comparer plus à un groupe de rock qu'à un trio purement jazz. Ce live enregistré à Hambourg pour leur dernière apparition "gravée" illustre idéalement ces impressions. Deux ans avant la disparition tragique d'Esbjörn en 2008, on mesure la formidable évolution artistique de cette formation majeure et avec quel charisme les 3 musiciens s'adonnaient à leur plus grande passion: faire de la musique ensemble!


En cette soirée du 22 novembre 2006, une lumière céleste flotte imperceptiblement au-dessus de la scène. Y aurait-il une intervention divine dans tout cela, c'est possible. Ce qui est sûr c'est que Esbjörn, Magnus, et Dan, sont une nouvelle fois parvenus à hisser leur niveau de jeu sans qu'il ait été besoin de les solliciter pour cela. D'ailleurs demandez donc aux 2000 personnes présentes ce soir-là ce qu'ils en ont pensé, tous vous répondront qu'ils en gardent forcément un souvenir ému et indélébile. Et comment ne pas être d'accord avec eux à l'écoute de ce cd puisqu'il faut bien le dire, tous les instants de ce concert sont lumineux. Jamais leur musique n'a été aussi inspirée que durant les rares prestations scéniques qu'ils ont données, et celle-ci fut tout simplement magistrale de bout en bout.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51M8P7QmY6L._SL500_AA280_.jpg
La majorité des morceaux choisis pour l'occasion proviennent de "Tuesday Wonderland", un album charnière puisque c'est celui qui précèdera "Leucocyte", autre joyaux incontournable qui scella pour eux l'avènement d'une nouvelle façon de concevoir dorénavant leur musique autour d'idées toujours plus novatrices. Ce n'est pas pour rien que les jeunes groupes de jazz actuels se réfèrent presque tous à E.S.T, et ce d'où qu'ils proviennent.

Esbjörn Svensson et son trio a marqué toute une génération d'auditeurs et de musiciens en gravant les bases d'une musique nouvelle ouverte sur la pop ou la musique classique, sans oublier bien sûr l'immense qualité d'interprétation et d'improvisation de chacun, ou encore la créativité singulière jamais rassasiée d'une oeuvre ne comprenant que des morceaux originaux (si l'on excepte l'homme rendu à Monk sur l'album "E.S.T plays Monk"). Et dire qu'ils ne sont que 3 à produire une telle musique. Dès lors, comment ne pas s'en inspirer et s'en servir en y puisant de quoi vous donner la force d'avancer et de créer, puisqu'il est clair qu'après avoir écouté cette musique vous ne pourrez plus ignorer qu'elle existe. Elle vous aura marqué au fer rouge si bien qu'il sera désormais impossible de faire sans elle, de s'imaginer qu'elle n'a jamais existé. Une fois entendues ces nuances de couleurs et de vie, tout cela s'imprègne avec force dans votre esprit comme un bonheur soudain qui vous envahit, faisant de ce moment quelque chose d'indélébile.

C'est aussi cela la magie d'E.S.T; des mélodies modernes et un sens de la formulation jazzistique qui rendent chacun de leurs thèmes facilement mémorisables et immédiatement "apprivoisables". Ce n'est pas du jazz de puriste construit dans la grande tradition si chère à Nicholas Payton (voir son article publié sur son blog et la polémique portant autour d'une identité à la dérive), du jazz que l'on se devrait de ne considérer que dans un contexte historique et culturel, et de préférence porté vers ses origines américaines. Aussi amis de passage, pour peu que ce groupe ne vous dise rien mais que mes propos vous interpellent, n'hésitez pas à tendre les 2 oreilles sur les quelques morceaux tirés de ce live que j'ai choisis pour vous, vous m'en direz des nouvelles. Après cela vous pourrez crier autour de vous que vous avez entendu l'un des plus grands groupes du monde, que ce groupe est suédois et se nomme E.S.T, et non pas Abba, et qu'il est temps que les gens le sachent....



Ladies and gentlemen: On piano Mr Esbjörn Svensson, on the bass Mr Dan Berglund, on drums Magnus Öström. Please welcome for the Esbjörn Svensson Trio....

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Published by Audiocity - dans Chefs-d'Oeuvre
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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 08:34

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/44501409/Marcin+Wasilewski+Trio.jpg
Ma religion à moi, c'est le jazz. Définitivement. Bien différente de tous ces principes moraux et immuables qu'aiment à rabâcher ces messieurs les pontes, érigeant malgré eux l'immatérielle et dogmatique parole divine en sacerdoce planétaire, ma croyance porte en elle la vie dans le monde du réel, celui du palpable, de l'audible, et de la création. Je suis un prosélyte. A ma manière, puisque je me permets d'en parler ici. Je ne recrute pas, ne fais pas de politique, mais j'ose à tenter l'initiation de certains d'entre vous parmi ses valeurs et ses voix. Tout est affaire de coeur. Ce coeur, employé avec tant d'ardeur et de sensibilité par les musiciens du Marcin Wasilewski Trio parle pour Lui, et résonne en nous (en tout cas en moi). Dans ces conditions, pourquoi crier haut et fort le nom de Dieu puisqu'il est évident qu'Il s'exprime de multiples façons et sous diverses formes, ici comme ailleurs. L'ostentation ne m'a jamais attiré. J'aime dans cette musique sa réserve et son abandon de l'être. C'est pourquoi, selon moi, le jazz vaut toutes les religions du monde. Il comporte ce détachement d'avec la terre dans son expression et dans ses gênes. Et ils sont nombreux les jazzmen à avoir été touchés par la grâce. Ce merveilleux trio en est la preuve (mais ce serait vrai pour tant d'entre eux). 
http://www.allaboutjazz.com/coverart/2010/marcinwasilewskitrio_faithful_jk.jpg

Leur dernier disque, "Faithful", est une ode à la vie vivante. Ces 3 artistes atteignent ici un nirvana. Leur complicité, leurs interprétations, les mots et les pages. Croyez moi, il n'y a rien à jeter, rien à laisser de côté. Un Livre écrit à 3 mains. 71 minutes d'envoûtement extrêmement mature, solide. Résistant. Et le temps n'érode rien. Je continue de rester pantois à chaque nouvelle écoute (béant serait plus juste). 
Le parcours du trio pourrait rappeler à bien des égards celui du désormais regretté "E.S.T" (au moins de part l'union artistique, plus que dans le choix lexical de leurs musiques,). Marcin Wasilewski (pianiste), est un ami d'enfance de Slawomir Kurkiewicz (contrebassiste). Tous deux susciteront le ralliement plus tard du batteur Michal Miskiewicz, et le trio commencera à jouer ensemble en 1994 (le parallèle s'arrête là). D'abord en accompagnant quelques pointures (Thomasz Stanko - Manu Katche), avant de sortir leur premier disque en 2005 sur le label ECM. La rencontre d'avec Manfred Eicher a clairement été déterminante dans leurs carrières (Marcin le considère comme le 4e homme du groupe et porte une grande attention à ses propos). Il apporte son expérience et appose ce son, typique de la maison. Imparable. Mais écoutez plutôt.
Pour l'heure et selon moi, les polonais du Marcin Wasilewski Trio et leur sompteux "Faithful" sont 2 éléments à ne surtout pas manquer en cette année 2011. Un vrai groupe et une vraie cohésion d'ensemble. Magique.
Et pourquoi pas, forcément: Keith JarrettKöln Concert

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 08:53

 

 

http://4.bp.blogspot.com/_ZtVKKnbSW3E/TITdC6g6iWI/AAAAAAAADPY/UJ2spSv--18/s1600/masada.jpgCertains albums demandent que le temps ou qu'un moment précis s'accorde avec notre esprit pour que nous puissions les savourer pleinement. Il y en a d'autres pour lesquels la question ne se pose pas tant leurs richesses émotionnelles semblent pouvoir nous emporter à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit, et cela sans que nous n'ayons jamais ressenti le moindre relâchement nerveux, voire une fatigue passagère justifiant à elle seule que nous stoppions notre écoute. Oeuvre intemporelle ou fulgurance de génie couchée sur ordinateur (à défaut d'un bon Revox digne de ce nom), ces albums ne sont pas si nombreux et méritent une attention toute particulière envers le public intransigeant que vous êtes. Mais commençons par exposer clairement la situation qui m'amène à vous convier sur ce terrain mouvant (puisque subjectif) qu'est la sacralisation d'une oeuvre musicale.
Ce 10e volume de la série "Masada Book 2" interprété par la formation Bar Kokhba, issu lui-même d'une déjà très longue lignée d'albums écrits par le compositeur et musicien américain John Zorn dès 1992 (sous l'appellation Masada), en est le parfait exemple et reflète parfaitement cet état de fait.
Intitulé "Lucifer" et paru en 2008 sur le label Tzadik, il pourrait facilement représenter à lui seul ce qui se fait de mieux en matière de musique jazz d'avant-garde juive (même si dans le cas de John Zorn l'horizon artistique ne s'arrête jamais là ou beaucoup souhaiteraient le voir se fondre avec la masse uniforme des musiques à étiquettes). Le chef endosse pour l'occasion le triple rôle de producteur-compositeur-arrangeur tout en maniant la baguette autour du sextet le plus populaire qu'il lui ai été donné de monter, acclamé par le public lors de ces rares apparitions, et avec lequel il n'avait toutefois rien enregistré en studio depuis 10 ans. Il comprend le Masada String Trio (Mark Fieldman au violon, Greg Cohen à la basse, Erik Friedlander au violoncelle), augmenté de Marc Ribot à la guitare, Joey Baron à la batterie, et Cyro Baptista aux percussions, lesquels se produisent sous le nom de Bar Kokhba Sextet (c'est clair jusqu'ici?). Ce n'est qu'en 2004 que John Zorn commence à composer le second Masada Book, "Book Of Angels", avec l'idée, avouons le un peu folle, de s'attaquer à l'écriture de 300 nouveaux morceaux s'ajoutant à cette oeuvre pourtant déjà hors norme (Masada n'en comptait que 100....), eux même regroupés dans toute une série d'album réalisés avec des formations différentes.
Vous l'aurez compris, ce 10e volume à l'organigramme plus que respectable était très attendu et promettait, avant même sa publication, de nous en faire voir de toutes les couleurs. Et bien croyez moi personne n'a été déçu. Ce disque est somptueux de bout en bout et vous fera passer des moments magiques dont vous ne vous détacherez plus. Je ferai d'ailleurs volontiers un parrallèle avec l'album "Sabaly" de Cheick Tidiane Seck, tant dans les nuances apportées dans leur musique respective que dans l'envie flagrante de "bousculer" les codes établis, avec la manière s'il vous plait. S'en avoir à forcer, tous les musiciens s'en donnent à coeur joie et prennent chacun leur tour de courts chorus alimentant à merveille les 10 titres du disque. Revenir dessus pour en parler plus en profondeur ne serait pas utile. Tout est bon dans cet idiome savant. Virtuosité, simplicité du corps, respirations, constructions, prises de paroles, unicité. Je n'ai finalement qu'un seul reproche à lui faire. Le léger manque d'improvisation (en partie dû à une écriture très calibrée du maestro en chef). J'aurais aimé que certains morceaux soient plus longs afin que tous puissent s'y exprimer plus à souhait (un détail). Malgré tout c'est un sans faute qui raviera un panel d'auditeurs variés et nombreux. Succès garanti.

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http://ecx.images-amazon.com/images/I/311ReVqSIcL._SS500_.jpg

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 08:36

http://www.mancubist.co.uk/wp/files/steve-reich.jpg

 

J'ai coutume de dire qu'écouter une telle oeuvre serait comme d'entreprendre un voyage initiatique entre rêve et réalité, à l'écart du monde moderne, loin du tumulte des civilisations du conscient, loin des schémas vitaux prédestinés, pour laisser place à une poésie sensorielle où le lâcher prise prendrait le dessus sur le conditionnement relatif à l'individu; un état déformant qui nous pousse à nous inclure dans le monde du vivant plutôt que dans celui de l'impalpable, celui de l'inconscient, pourtant tellement nécessaire à l'épanouissement du corps et de l'âme.
Steve Reich est de ces êtres ayant compris l'intérêt vital d'un tel acte, capable de transmettre tout cela à la fois de manière si naturelle qu'il est d'abord déroutant de s'y frotter, puis profondément agréable d'y plonger à corps perdus, le temps d'en percevoir toutes les subtilités et les messages partagés. Un Hyperboréen, un illuminé de la trempe d'un Arthur Rimbaud ou d'un Pablo Picasso qui marquera l'Histoire comme peu y seront parvenus. Il nous inclut dans un monde façonné avec un soin et une pureté hors du commun, celui de la vision d'une musique qu'il a voulue pour 18 musiciens et qu'il aura mis presque 2 ans à voir se former sous ses yeux. Le travail d'une vie, et celui d'une consécration sans aucun doute justifiée pour ce compositeur américain. En 1 mot, une "contemporanéité" indémodable et immuable pour une oeuvre majeure de l'histoire de la musique contemporaine.
Les notes parviennent à nos oreilles comme autant de vibrations élémentaires le temps de 2 pulsations (les mouvements), et de 11 sections (les modulations), sur 58 minutes d'une prestation orchestrée par l'Ensemble Modern en 1997, lui-même supervisé par le maître en personne qui leur accordera son soutien (l'oeuvre originale est parue en 1978 sur le label ECM et durait plutôt 56 minutes).

Cette musique est trop difficilement définissable pour que je m'étende sur le pourquoi du comment d'un tel monument (je vous laisse suivre ici le lien de cette toile). Beaucoup ont déjà écrit sur le sujet, mais l'essentiel réside d'abord et avant tout dans la subjectivité de chacun face à l'aura et à la force de "Music For 18 Musicians". Une force tranquille et apaisante qui pousse indéniablement à l'introspection de soi, à l'abandon serein. J'imagine d'ailleurs qu'il pourrait être facile de rentrer en transe si le disque durait plusieurs heures (cela s'est déjà fait lors de certains concerts). Car le but n'est pas écrit, et c'est bien là tout l'intérêt du travail de Steve Reich. Ce n'est qu'une trame minimaliste mais très savante fondée sur des motifs répétitifs. La forme pourra donc variée selon l'interprétation ou l'endurance des musiciens face aux partitions, certains allant jusqu'à s'échanger leurs instruments en plein concert.
Mais cette musique "hors-norme" ne se dévoile pas si facilement. Elle demandera à ce que nous l'apprivoisions et profèrera des mélodies charmeuses aux harmonies provocatrices afin que nous nous en emparions plus aisément. Son influence est grande mais certains seront trop farouches pour y répondre. D'autres, une fois touchés, ne la lâcheront plus. On l'aime ou on ne l'aime pas, la demi-mesure n'ayant pas sa place dans ce débat. Pour moi, elle est une accompagnatrice idéale lorsque l'instant se prête à notre rencontre. Un moment qu'il faut préparer et non provoquer, pour que l'osmose s'établisse (chacun y comprendra bien ce qu'il veut). Plus je l'écoute, et plus je reconnais qu'il y'a du génie dans chacune de ses phrases. C'est ce qui me fait dire qu'elle est idéale et unique en son genre, et que je l'aimerai toujours.

 

Par facilté technique et pour un meilleur confort d'écoute, j'ai préféré vous laisser la version publiée chez ECM. La prestation de l'Ensemble Modern est idéale pour sa qualité de son meilleure, mais sur le cd les pistes sont "marquées" et risqueraient d'entrecouper toutes les fins de sections.

Enfin, en plus d'une disponibilité évidente de votre part, cette oeuvre mérite un système audio correct avec un bon rendu acoustique.

Tout est fin prêt.

 

Enjoy..

 

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