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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:52

      http://userserve-ak.last.fm/serve/500/5031582/Bill+Withers+BillWithers01.jpg

 

Presque 40 ans jour pour jour nous séparent de ce concert mémorable enregistré le 6 octobre 1972 au Carnegie Hall de New York, et si la preuve devait encore être portée sur la qualité de la prestation de Bill Withers et de son groupe ce soir-là, les avocats de la défense n'auraient pas de difficultés à convaincre les auditeurs. Considéré à juste titre comme l'un des meilleurs concerts de musique soul jamais gravé, ce disque a, il est vrai, tout pour plaire. Découvert depuis peu de temps grâce au somptueux "Ain't No Sunshine", un premier succès au retentissement international immédiat datant de 1971 auquel Bill Withers lui-même ne s'attendait pas, ce live comporte les meilleurs morceaux extraits de ses 2 premiers albums parus chez Sussex Records en 1971 et 1972, "Just As I Am" et "Still Bill". Qu'importe la renommée et la reconnaissance médiatique qui s'en suivront, car cet artiste atypique et discret ne les recherche pas, pas plus qu'il ne les souhaite. Pour lui, seul compte le plaisir d'écrire des chansons en relation avec son temps.
 
Fils d'une fraterie de 13 marmots, son  père meurt lorsqu'il a 13 ans, laissant à sa mère l'obligation d'élever seule la famille nombreuse endeuillée. A 17 ans il s'engage pour la Navy où il passera les 9 prochaines années, essentiellement en Orient. C'est lorsqu'il est encore soldat, durant ses moments de détente, qu'il écrira son futur hit "Ain't No Sunshine". Ce n'est donc pas un hasard si la plupart des thèmes abordés dans la carrière du chanteur sont sombres et parlent autant de l'infidélité, de la prostitution, du suicide, ou du milieu social dans lequel il a grandi, que de l'amour, du Tout Puissant, ou du profond respect envers sa "grandma" ("Grandma's Hands").
 
« Parce que la vie n'a rien de rose. C'est une combinaison cynique de patience et d'impatience, de paix, mais aussi de violence ».
 
 
Accompagné de la crème des musiciens de l'époque, Bill Withers est de la trempe d'un Ottis Reading ou d'un Sam Cook, rebelle dans l'âme et authentique dans ses propos, avec un sens du groove inné, une justesse à le faire vivre avec facilité et décontraction, et un jeu de guitare folk singulier, rarement employé par les autres groupes de soul américaine, ce qui le catalogue à la marge du genre mais permet de le différencier sans problème. Le claviériste et producteur Booker T. Jones ne s'y est d'ailleurs pas trompé lorsque Sussex lui a remis la maquette du jeune chanteur entre les mains; très vite il décide de produire un album avec lui. Mais pour l'heure Bill continue de travailler quotidiennement à l'usine Ford du coin, et le soir de chanter dans les clubs de Los Angeles, persuadé de ne pas trouver preneur pour ses chansons. Finalement, sans s'y attendre mais ravi de la situation, c'est donc à 33 ans et en compagnie des membres de Booker T & The MG's qu'il débute sa carrière avec l'enregistrement de "Just As I Am", disque majeur de l'année 1971, et comme l'avait déjà souligné Thierry sur son blog, disque majeur tout court ("Ain't No Sunshine" remporte le Grammy de la meilleure chanson R&B de l'année). La suite sera toutefois moins réjouissante, surtout une fois signé son contrat chez Columbia en 1975 avec qui il s'engage pour plusieurs albums moins réussis que du temps de chez Sussex. Finalement les années 80 auront raison de cet artiste que le public a fini par oublier doucement.
 
Mais pour en revenir à ce très bon disque, aucun problème d'aucune sorte, vous pouvez y aller les yeux fermés. Seuls quelques arrangements de cuivres et de cordes ont été rajoutés en "overdub". Une sélection a été faite des titres à diffuser sur la galette (77 minutes tout de même), mais pour le reste, tout est authentique.
 
L'histoire raconte qu'en ce soir d'octobre 1972 une légère pluie tombe au-dehors. A l'intérieur la salle est comble, pleine d'un public qui sort conquis et enthousiasmé par le spectacle auquel il vient d'assister autant que par la formidable prestation du groupe. 40 ans plus tard ce disque, tout comme ces chansons, n'ont pas pris une ride et sont encore, pour beaucoup, parmi les plus beaux moments de la musique moderne.
 
http://ecx.images-amazon.com/images/I/51YreAbH0hL._SL500_AA300_.jpg
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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:32

http://node2.bbcimg.co.uk/iplayer/images/clip/p00c8ckq_640_360.jpg

Album souvent délaissé au détriment du non moins réussi "Superfly" sortit 3 ans plus tôt, "There's No Place Like America Today" mériterait pourtant un peu plus de considération de la part du public, car 35 ans après sa commercialisation, il reste l'un des tous meilleurs disques qu'ait écrit ce chanteur engagé à la voix d'or.

Plus "sérieux" que ces précédentes productions, il s'inscrit dans une continuité musicale mais marque un peu plus de son autorité verbale contre le système en place, que Mayfield juge raciste, corrompu, et socialement moribond à l'égard du peuple noir-américain (on aura compris l'ironie du titre accentuée par le visuel de la pochette). Reprenant l'imagerie publicitaire aux clichés ostracisants et bien connus des américains ségrégationnistes (ou non), l'album se veut volontairement contestataire, illustré par un contraste saisissant jouant de l'idéologie communautaire qu'affectionnaient les plus conservateurs de l'époque. Une pochette qui en dit long. On y voit, à travers une imagerie malsaine et volontairement choisie, l'opposition sociale entre blancs et noirs, les uns représentant la famille modèle par excellence, blanche, prenant tout sourire la route des vacances dans une belle américaine, tandis que les autres, noirs, attendent qu'on leur serve la soupe populaire sur un trottoir bondé.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61r465NWyRL._SL500_AA300_.jpg
Malheureusement, malgré une grande variété de son et un engagement toujours intact, ce disque ne connaitra pas de vrai succès (dans les clubs on lui préfèrera souvent les nouveautés disco qui débarquent en force depuis peu), marquant à peine une 13e place dans le classement des charts. 
Ce disque a pourtant quelques arguments plaidant nettement en sa faveur, à commencer par le morceau d'ouverture "Billy Jack", que je considère comme étant le meilleur titre jamais écrit par Mayfield, toutes époques confondues. En plus de sa simplicité d'écriture et de son groove jouissif, les arrangements de cuivres constituent l'élément imparable de ce génialissime morceau, véritable modèle d'efficacité qu'on écoutera de préférence à fort volume. Il justifierait presque à lui seul l'achat de ce disque.

Le reste de l'album fluctue entre blues et gospel. Il y est le plus souvent question d'aphorisme traitant d'amour et du questionnement sur la nature humaine ("So In Love", "Jesus", "When Seasons Change", "Hard Times"), avec l'idée réaliste et explicite d'un "rêve américain" unilatéral, essentiellement accessible à la caste blanche et dominante du pays.

"There's No Place Like America Today" est un album court (35 minutes), contrasté (si l'on oppose la volupté des musiques à la dureté des textes), qui s'inscrit par nature comme étant le plus vindicatif des disques de Curtis Mayfield, et qu'on appréciera aussi pour cela. Enjoy.


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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:15

 

http://www.musicsavesmysoul.com/wp-content/uploads/2011/08/jill_scott_new.jpg

 

Avis aux chanteuses de R&B en manque d'inspiration; les miauleuses ou les amoureuses  transies incapables de produire de la nu-soul de qualité sans trémolo de gorge  pathétique ou vocalises dénués de toute créativité. Arrêtez le massacre et replongez-vous de toute urgence sur le tout premier Jill Scott, le seul et unique vrai disque de la diva qui vaille encore la peine de s'y intéresser. Presque 12 ans après sa sortie, il reste l'un des rares albums du genre qui continue de m'enchanter. Et si vous avez pris le train en marche, que vous ne l'avez découverte que plus tard, et que par conséquent vous ne vous sentiez pas concerné par le sujet (ce que je comprendrais tout à fait au vu des biens moins intéressantes réitérations de la chanteuse), il se pourrait pourtant bien que vous envisagiez les choses différemment lorsque vous aurez écouté "Who Is Jill Scott", qui, je le pense vraiment, est sans aucun doute l'une des références qualitatives en la matière. L'année 2000, c'était avant tout pour la nu-soul, " Voodoo" de D'Angelo, et "Who Is Jill Scott" de Jill Scott. Les nostalgiques se rappeleront bien sûr de sa première apparition sur le morceau "You Got Me" des Roots, un an auparavant. Moi je me souviens surtout du choc que j'ai reçu la première fois où j'entendis "Love Rain" sur radio Nova. 

 

 

 

Une parallèle de Erykah Badu en moins hip hop et en plus "orchestrée", en mieux arrangée, capable d'y associer des textes parlés ("Exclusively" - "Watching Me"), d'autres chantés ("Do You Remember" - "Gettin' In The Way" - "The Way"), ou même les 2 à la fois ("A Long Walk" - "Honney Molasses"), sur des tons plus ou moins R&B selon les morceaux. Pour tous, un même concept. Une basse sourde et profonde mise en avant, des pieds lourds qui lui répondent, des caisses claires qui claquent, des claviers aux couleurs du jazz, du hip hop ou de la soul, des cuivres, quelques samples éparpillés, des arrangements de violons, tout pour satisfaire Jill Scott qui n'a plus qu'à dérouler le tapis rouge. Au final, un gros son très produit qui recèle plus de subtilité qu'il n'y paraît. Mes 2 seuls regrets, "He Loves Me" et "Show Me", 2 morceaux pas très inspirés, trop légers pour intéresser, et qui ne se distingueront pas vraiment pour leur originalité. Pour le reste, l'ensemble est "calibré" pour durer, fait et écrit pour "marcher" et pour vendre (sans doute), mais néanmoins consistant et très bien réalisé. D'ailleurs, les productions ont beau être très nombreuses (Andre Harris - Roy Ayers - Amir Thompson - Jeff Townes - Vidal Davis - James Poyser....), au risque de se perdre dans un amas de sonorités diverses et variées, on retrouvera tout de même une vraie cohérence artistique tout au long de l'album.

Aujourd'hui, avec le recul et mon âge avancé (ce qui, comme le démontre ce blog, implique nécessairement de profondes restructurations envers mes préférences musicales), je reste très attaché à ce disque que j'ai même pris la peine de racheter tant le premier était rayé, fatigué, rendu quasiment inutilisable par mes maltraitances passées. J'ai même tenté (au moins un temps), de suivre la diva dans ses pérégrinations, mais vite déçu, le charme s'était rompu. Reste cette unique rencontre et le souvenir nostalgique de ce disque groovy que Jill Scott ne parviendra jamais à reproduire.
 
http://clatl.com/imager/jill-scott-who-is-jill-scott-words-and-sounds-vol1/b/original/1375451/971b/Jill-Scott-Who-Is-Jill-Scott-Words-Sounds-vol.1.jpg
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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 08:29

 

 

http://2.bp.blogspot.com/_WWIy23PK7tM/TFURYq6QHNI/AAAAAAAAJco/pfBUQ4AEm-I/s1600/The+Temptations.jpgS'il est incontestable de dire que la Motown fut une machinerie d'orfèvrerie capable de produire toute une flopée de groupes et d'artistes qui marqueront l'histoire de la musique en général, il est également vrai que beaucoup d'entre eux ne sémanciperont pas autant que lorsqu'ils cesseront de travailler pour cette maison souvent considérée comme "castratrice" par ses membres que la firme payait au lance pierre, s'assurant comme souvent la grande majorité des recettes d'albums pour ne laisser que le minimum syndical à ses artistes. Le constat pourrait être identique musicalement parlant. L'uniformisation du son Motown se fait très vite sentir et les recettes du succès seront reprises et récupérées pour le reste de leur catalogue. Populaire et typique, voilà les mots qui caractérisent le mieux cet état de fait pour parler de la Tamla, empire en perpétuel concurrence envers d'autre poids lourds du mileu, Stax en tête.
Ce disque des Temptations ne s'inscrit pas vraiment dans cette tradition artistique. L'époque de "My Girl" et autre "You're My Everything" est révolu et le groupe entame un tournant dans la suite de sa carrière (j'aurai tendance à dire qu'on passe enfin aux choses sérieuses). Le titre évocateur de cet album en dit d'ailleurs suffisamment sur leurs nouvelles intentions. "Psychédélique Shack" sera différent du reste de leurs productions, annonçant un retour en force du groupe de Detroit sur la scène internationale. Finies les ballades amoureuses bien connues, les traditionnels claps accompagnant les rythmiques, les tambourins récurents soulignant les attaques de batterie (leurs utilisations ont été complètement revues), les arrangements de violons immédiatement identifiables ou les sempiternels choeurs harmoniques que l'on retrouvait sur la majorité des productions d'alors (pour être tout à fait franc il en reste encore quelques légères bribes sur certains titres, comme sur "It's Summer", mauvais mais heureusement très court, ou la résurgence d'un passé pas tout à fait oublié). Place à présent au groove pur et dur directement inspiré par la musique funk très en vogue en 1970 (Sly Stone ou Funkadelic en sont un parfait exemple). L'arrivée de Dennis Edwards en remplacement de Davis Ruffin comme chanteur principal sera pour beaucoup dans cette petite révolution artistique entreprise par leur producteur d'alors, Norman Whitfield. Il compte bien changé l'image et le son du groupe pour en faire quelque chose de plus attrayant pour la jeunesse de l'époque (en 1 mot plus moderne). La section rythmique des Funk Brothers ne bougera pas, mais tous, chanteurs comme musiciens, sauront s'adapter à ses nouvelles exigences (de nouvelles ambitions en somme).
Et l'on peut dire que le pari s'est avéré judicieux, comme l'atteste le titre phare de l'album, "Psychedelic Shack", qui ouvre les hostilités avec une force et une vitalité qu'on ne leur connaissait pas jusqu'ici. Ou bien le très connu "War" au refrain nerveux, sorte de gimmick minimaliste bouclé et séquencé avec talent. Les guitares suintent le funk, les rythmiques sont plus présentes et plus appuyées, les bpm plus poussés, les cuivres parlent plus fort, et puis le mix, à présent bien plus travaillé,  grâce notamment à l'utilisation plus approfondie du système stéréo (on prend les mêmes et on recommence, en mieux).
Pour finir, je conseille fortement à tous ceux qui pensaient qu'il n'existait qu'une seule mouture des Temptations de s'attader sur leur passé 70'. Un régal jouissif à mettre entre toutes les mains sans tarder. Pour l'heure régalez vous donc avec les 3 morceaux que je laisse à votre disposition plus haut.

 

Acheter l'album

http://d21uwzfkfy2yiv.cloudfront.net/temptations_psychedelic_shack-GS947-1142847518.jpeg

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 08:53

http://thisislavie.com/wp-content/uploads/2009/06/dj-cam.jpgPlus vraiment Dj mais bien producteur, compositeur, et arrangeur en chef, Laurent Daumail, alias DJ Cam, délaisse pour l'occasion la particule et évite ainsi la confusion des genres. Déjà connu avant ça pour ses nombreux albums d'absract hip hop, il endosse sur ce "Soulshine" de 2002 un nouveau costume plus "respectable" dans lequel il s'investit beaucoup tout en exprimant clairement ses nouvelles intentions musicales momentanées.
Il composera tout l'album chez lui avant de recruter des musiciens pour les séances studio. Pas beaucoup d'argent à investir et un salaire de politesse, pourtant certains grands noms de la scène jazz, funk, ou hip hop participeront à cet enregistrement. Le trompettiste Alex Tassel, le saxophoniste Guillaume Naturel, le bassiste Daniel Roméo ou encore le pianiste Eric Legnini seront de la partie tout comme certaines "guest stars" dont le chanteur du groupe Cameo, Larry Blackmon, les chanteuses China et Anggun, ainsi que Dj Premier sur le remix du titre "Voodoo Child".
Entre jazz, soul, et hip hop, ce disque s'inscrit dans la mouvance nu-soul, un courant  porté par des artistes américains qui débarque à la fin des années 90, D'Angelo en tête. Sans être révolutionnaire pour un sou ou même simplement très novateur, cet album a pourtant ce petit quelque chose de très attachant qui continue de me divertir lorsque je l'écoute. On retrouve la touche particulière du Dj français sur les nombreux interludes qui le jalonnent, une base rudimentaire formée d'un unique sample séquencé à la MPC auquel il rajoute simplement basse et batterie (un binaire des plus basiques) et qui dure en général moins d'une minute. Ces légers entractes sonores s'intercalent entre des titres bien plus travaillés et à 90% instrumentaux. Cam indique aux musiciens les formes à suivre ou les mélodies à respecter pour ne pas risquer de sombrer dans un jazz trop virtuose tout en s'attachant à faire groover ce beau monde. Nul doute d'ailleurs que c'est bien là que seront fournis les plus gros efforts, et c'est en grande partie pour cela que ce disque mérite quelques éloges en sa faveur. Je m'explique.

 

Le très bon travail de Jay Dee qui remix le titre "Love Junkee" présent l'album "Soulshine" et "Cam Revisited"

 

Je ne suis pas particulièrement fan du travail de Laurent Daumail que je trouve souvent trop facile, assez froid, et pas très enivrant, de "Underground Vibes" en passant par "Liquid Hip Hop". Je n'aime pas trop non plus tout le marchandising qui l'entoure et son côté mercantile clairement affiché qui le pousse à travailler avec des artistes d'horizons divers comme Jean Michel Jarre ou Jean Louis Murat (j'ai même lu dans une interview que Lara Fabian ne lui faisait pas peur), tout comme ces nombreuses compilations de remix ou de best-of le concernant. Un bon moyen de payer ses impôts c'est sûr mais quelque peu décrédibilisant à mes yeux (si au moins tous ces projets valaient le coup). Alors qu'en apparait ce disque en 2002 et qu'un ami me propose de me le faire écouter je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et finalement je n'ai pas été déçu, j'ai même été agréablement surpris. Surpris et en même temps conforté dans l'idée que je m'étais faite de cet artiste.
Si ce disque est bon, qu'il groove de toutes parts et que les 60 minutes qu'il propose défilent aussi bien dans mes enceintes, c'est que justement il ne ressemble pas à du Dj Cam. Fini le temps des morceaux sans conviction fabriqués en 1 heure qui tournent en boucle pendant 4 minutes de rien ou de si peu. Ceux qui travaillent le son avec une MPC le savent bien, il ne suffit pas de coller des samples entre eux et d'y ajouter un beat pour que la mayonnaise prenne. Ce travail, si l'on veut vraiment être original, mérite qu'on y passe du temps et que l'on soit patient. C'est d'ailleurs ce qui est le plus dur et qui peut facilement nous décourager (on passe souvent autant, voire plus de temps à rechercher les bons sons, de la bonne couleur, qu'à bosser sur un titre. Parfois même on ne parvient à rien). A la différence des musiciens, qui plus est confirmés (comme c'est le cas sur ce disque) qui peuvent se permettre de variés les plaisirs tout en essayant différentes possibilités mélodiques ou rythmiques selon leurs envies, le Dj est à la merci de sa banque de son, doit souvent se résilier à utiliser ce qu'il peut, et se retrouve toujours dans l'impossibilité d'improviser au-delà de ce que lui impose sa machine. Dj Cam s'est donc offert ce dont tout Dj rêve, faire intervenir des musiciens chargés d'embellir sa musique et d'apporter le raffinement technique et instrumental indispensable à ses morceaux. Sans dénigrer son talent de producteur qui pour le coup se révèle payant, je dois reconnaitre que sans eux ce disque ne serait pas à la hauteur et n'aurait rien de très original. D'ailleurs le contraste qualitatif flagrant entre les morceaux "normaux" ou les interludes (selon que les musiciens soient là ou non) me permet tout de même de douter des réelles capacités du Dj à pouvoir faire groover un son dès lors qu'il est seul aux commandes. Qu'importe, "Soulshine" est dans l'ensemble plutôt efficace et tient bien la route. Plus que les recommandations de Cam (bien sûr ce n'est que mon avis), c'est le feeling des musiciens qui en est l'arme majeure et qui fait vraiment sonner cet opus durant les 60 minutes qu'il  contient. Le binôme basse-batterie est assez redoutable et ne pourra laisser indifférents les amateurs de soul. Il a un air classieux et distingué ("Love Junkee" - "Bounce") et ne s'enferme pas dans les clichés d'un genre déjà emprunté par beaucoup d'artistes.
Finalement assez unique sans pour autant se surpasser dans des exigences stylistiques trop éloignées du concept épuré et suffisant qu'il propose, ce disque a beaucoup pour lui et reste le plus réussi de la longue série des publications du Dj français. Un cd rangé sur mes étagères dans la rubrique soul que je me devais de vous faire partager et dont vous pourrez faire la pub. Le lien ici pour écouter l'album en entier.

 

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