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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 18:06

http://nepap.com/wp-content/uploads/2011/09/23.jpg

 

Anthony Joseph, poète, romancier et musicien britannique originaire de Trinidad, a semble t-il mis tout le monde d'accord en 2011. Souvent placé en tête du hit parade, cet "orchestre caoutchouc" a remporté tous les suffrages, presse et public compris. En référence à un vers du poète américain Ted Joans (« I visit rubber orchestra »), lui et le producteur Malcom Catto ont concocté un disque aux propriétés chimiques proches de ce matériau, d'abord reconnu pour son extrême élasticité et son adaptation infinie. Et de tout cela, "Rubber Orchestras" n'en manque pas, au point qu'il devient inutile de chercher à en référencer le style ou le genre. Retour rapide sur un parcours raconté par son auteur dans le magazine mensuel "vibrations" du mois de septembre 2011 :

« Je suis arrivé à Londres en 1989, j'avais 22 ans. A Trinidad, mon grand-père était charpentier, il travaillait très dur et me donnait une éducation très stricte. A vingt ans, il m'obligeait encore à rentrer avant minuit. Quand je suis tombé sur cette fille qui m'a proposé de la suivre à Londres, j'étais surpris que ma grand-mère me pousse à partir. Elle m'a donné le peu d'argent qu'elle possédait en me disant: " Fais ta vie, mon garçon !". Elle était très sensible et elle avait compris avant moi que je ne deviendrais jamais un homme en subissant cette autorité exagérée, ou que mon grand-père finirait par me tuer si je restais là »

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51SKKX5xauL._SL500_AA280_.jpg
Son histoire d'amour avortée, Anthony Joseph restera à Londres où il débutera une riche carrière artistique ponctuée de romans, de recueils de poèmes, de cours offerts aux sans-abris dans le cadre d'ateliers d'écriture pour l'association caritative de Saint-Giles, et bien évidement de musique, avec en 2007 la parution de "Leggo De Lion", suivi en 2009 du déjà plus remarqué "Bird Head Son". Avant cela, en 2005, le single "Buddah" s'était déjà tiré à 4000 exemplaires. Produit par Dj D (un disquaire londonien avec qui il a pu sympathiser entre 2 sessions vinyles), il y récite ses poèmes à la manière de ce que faisait Gil Scott-Heron en son temps, mais dans un style musical plus "débridé", plus rock (arrivé à maturation après 6 années de recherches, il l'identifiera comme étant du "voodoo-punk"). L'exercice allie avec force et conviction la profondeur de ses textes à des compositions directement inspirées du mélange de sa culture originelle (le calypso et les nombreux métissages venus d'Afrique ou d'Inde), et de l'inspiration des sonorités occidentales qui n'ont cessé de jalonner son enfance lorsque, tout jeune, il découvrait à la radio le son de James Brown, Jimmy Hendricks, ou plus simplement celui du rock, du funk, ou du jazz.


Avec "Rubber Orchestras" en 2011, c'est la consécration. Au cas où vous ne le sauriez pas, chaque mois de janvier à lieu (en particulier sur internet) le traditionnel festival des bloggeurs chargé de récompenser les plus belles productions de l'année écoulée. Celui d'Anthony Joseph truste tous les podiums, plus ou moins officiels, se voyant souvent remettre le titre honorifique de "meilleur album de l'année". Pour certains c'est la révélation, alors que pour d'autres ça n'est que l'aboutissement logique de ce que Anthony Joseph laissait digérer depuis plus de 7 ans.

Maintenant que vous savez à peu près ce qu'il en est, faites vos jeux.

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Published by Audiocity - dans Indés
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