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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 19:12

 

 

 

"The Gravedigger's Song" plante le décor du nouvel album de Mark Lanegan sorti au début de l'année. Au choix : boîtes à rythmes, boucles de guitares sur lit de vapeurs "blues", nappes en tous genres, orchestrations majestueusement délurées mariant l'électrique et le synthétique, présence de volutes de souffre et de sombres présages, textures engluées dans la noirceur d'un corpus littéraire et scientifique singulier; de toutes façons on plonge et on ne ressort plus de ce "Blues Funeral" aux allures de corbillard inarrêtable, trop heureux de s'y sentir à l'aise et de suivre son allure le temps d'une heure passée en sa présence. Et une fois terminé, on recommence, parce que les tympans en redemandent.
 
Je suis très loin de connaitre tout de l'oeuvre de ce chanteur, et même pour tout dire je n'en suis qu'aux prémisses. Il faut dire qu'elle est énorme. Entre ses projets solos, les albums de Screaming Trees, ou encore ses innombrables contributions, la carrière de Mark Lanegan est déjà plus que bien remplie. Cette-fois il a pris du temps pour lui. Juste pour lui et pour son "band". C'est donc à Mark Lanegan Band que nous avons à faire ici, ou l'union d'une douzaine de musiciens au total, Mark Lanegan, Alain Johannes et Jack Irons compris (les 3 principaux membres). Un trio largement augmenté donc, et l'idée de proposer une production radicalement différente de ce à quoi il avait habitué son public, mais finalement dans la lignée créatrice de "Bubblegum" paru en 2004, autre très bon disque à avoir été encensé par les critiques (pour ça rien n'a changé et l'unanimisme perdure).
 
http://inventiaclick.com/cms/imageLayer/cache/4e43721f307bb0581803e4b8ac6d2c20/concierto-mark-lanegan-barcelona.jpg-840c06c22736267355d498469d0bdb4f.jpeg
 
Plus "moderne" dans le choix des sonorités ou dans le travail sur les arrangements, "Blues Funeral" n'en reste pas moins jubilatoire de plaisir, comme de constater combien cet artiste ne laisse pas de place pour la réédition de projets déjà faits, sans cesse tourné vers le changement et l'évolution.  Aucun réchauffé. Aucune facilité. Et puis la profondeur de cette voix qui suffit à l'identifier tout de suite en remplissant de sa présence tous les instants de la musique.
 
Simplement indispensable, avec toutes mes excuses pour le retard.
 
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 11:46

http://2.bp.blogspot.com/-oLCvHMHeFe0/T1Q6beQWr1I/AAAAAAAAIQc/b7gYa6BYrp4/s1600/VijayIyerTrio.jpg

 

Voilà un bel exemple de ce que peut donner un morceau comme "Human nature" une fois passé entre les doigts du pianiste américain Vijay Iyer, accompagné comme il se doit de son fidèle duo comprenant Stephan Crump à la contrebasse et Marcus Gilmore à la batterie. Thème délicatement amené et construction "groovy", la mélodie prend ici une tournure nouvelle qui lui fait gagner en consistance et en profondeur. A ce titre des frères Jackson devenu avec le temps un véritable classique du genre, il est donc désormais possible d'y associer la musique de ce compositeur talentueux, afin de pousser toujours plus loin les limites de la perception que vous en aviez jusqu'ici. Une évidente satisfaction du coeur et de l'esprit, et plus de 8 minutes de bonheur.

 

 

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:52

      http://userserve-ak.last.fm/serve/500/5031582/Bill+Withers+BillWithers01.jpg

 

Presque 40 ans jour pour jour nous séparent de ce concert mémorable enregistré le 6 octobre 1972 au Carnegie Hall de New York, et si la preuve devait encore être portée sur la qualité de la prestation de Bill Withers et de son groupe ce soir-là, les avocats de la défense n'auraient pas de difficultés à convaincre les auditeurs. Considéré à juste titre comme l'un des meilleurs concerts de musique soul jamais gravé, ce disque a, il est vrai, tout pour plaire. Découvert depuis peu de temps grâce au somptueux "Ain't No Sunshine", un premier succès au retentissement international immédiat datant de 1971 auquel Bill Withers lui-même ne s'attendait pas, ce live comporte les meilleurs morceaux extraits de ses 2 premiers albums parus chez Sussex Records en 1971 et 1972, "Just As I Am" et "Still Bill". Qu'importe la renommée et la reconnaissance médiatique qui s'en suivront, car cet artiste atypique et discret ne les recherche pas, pas plus qu'il ne les souhaite. Pour lui, seul compte le plaisir d'écrire des chansons en relation avec son temps.
 
Fils d'une fraterie de 13 marmots, son  père meurt lorsqu'il a 13 ans, laissant à sa mère l'obligation d'élever seule la famille nombreuse endeuillée. A 17 ans il s'engage pour la Navy où il passera les 9 prochaines années, essentiellement en Orient. C'est lorsqu'il est encore soldat, durant ses moments de détente, qu'il écrira son futur hit "Ain't No Sunshine". Ce n'est donc pas un hasard si la plupart des thèmes abordés dans la carrière du chanteur sont sombres et parlent autant de l'infidélité, de la prostitution, du suicide, ou du milieu social dans lequel il a grandi, que de l'amour, du Tout Puissant, ou du profond respect envers sa "grandma" ("Grandma's Hands").
 
« Parce que la vie n'a rien de rose. C'est une combinaison cynique de patience et d'impatience, de paix, mais aussi de violence ».
 
 
Accompagné de la crème des musiciens de l'époque, Bill Withers est de la trempe d'un Ottis Reading ou d'un Sam Cook, rebelle dans l'âme et authentique dans ses propos, avec un sens du groove inné, une justesse à le faire vivre avec facilité et décontraction, et un jeu de guitare folk singulier, rarement employé par les autres groupes de soul américaine, ce qui le catalogue à la marge du genre mais permet de le différencier sans problème. Le claviériste et producteur Booker T. Jones ne s'y est d'ailleurs pas trompé lorsque Sussex lui a remis la maquette du jeune chanteur entre les mains; très vite il décide de produire un album avec lui. Mais pour l'heure Bill continue de travailler quotidiennement à l'usine Ford du coin, et le soir de chanter dans les clubs de Los Angeles, persuadé de ne pas trouver preneur pour ses chansons. Finalement, sans s'y attendre mais ravi de la situation, c'est donc à 33 ans et en compagnie des membres de Booker T & The MG's qu'il débute sa carrière avec l'enregistrement de "Just As I Am", disque majeur de l'année 1971, et comme l'avait déjà souligné Thierry sur son blog, disque majeur tout court ("Ain't No Sunshine" remporte le Grammy de la meilleure chanson R&B de l'année). La suite sera toutefois moins réjouissante, surtout une fois signé son contrat chez Columbia en 1975 avec qui il s'engage pour plusieurs albums moins réussis que du temps de chez Sussex. Finalement les années 80 auront raison de cet artiste que le public a fini par oublier doucement.
 
Mais pour en revenir à ce très bon disque, aucun problème d'aucune sorte, vous pouvez y aller les yeux fermés. Seuls quelques arrangements de cuivres et de cordes ont été rajoutés en "overdub". Une sélection a été faite des titres à diffuser sur la galette (77 minutes tout de même), mais pour le reste, tout est authentique.
 
L'histoire raconte qu'en ce soir d'octobre 1972 une légère pluie tombe au-dehors. A l'intérieur la salle est comble, pleine d'un public qui sort conquis et enthousiasmé par le spectacle auquel il vient d'assister autant que par la formidable prestation du groupe. 40 ans plus tard ce disque, tout comme ces chansons, n'ont pas pris une ride et sont encore, pour beaucoup, parmi les plus beaux moments de la musique moderne.
 
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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 17:12

http://www.2b4art.at/uploads/images/kuenstler_portrait/jbbg/jbbg%20Lo-Res/JBBG_blueset_1_reismann.jpg

 

Oubliez tout ce que vous connaissiez des influences propres aux big band traditionnels ;  revoyez vos a priori si vous en aviez, laissez de côté les règles normatives de ces formations classiques souvent très fournies et très "bruyantes", le plus souvent attachées à reprendre les classiques du jazz, et pour ma part trop rarement mémorables (ou pour le moins "vieillots"), pour vous attarder sur l'oeuvre de JBBG (Jazz Bigband Graz), actuellement l'une des formations les plus prolixes et surtout les plus novatrices en la matière. Pas sûr qu'après ça vous lui trouviez un équivalent, car de mémoire d'amateur rien ne ressemble à ce que propose ce groupe originaire de Graz, en Autriche.

Ecouter cette musique, c'est comme embarquer sur un navire chatoyant dont le cap serait encore à définir mais que tout appelle à suivre : une sorte de grande Arche ultra-moderne partie pour un périple infini sur les vastes plaines aquatiques. Monter à bord, s'est prendre part à un tour du monde en cinémascope composé de strates colorées riches en sensations nouvelles que les tendances ne parviennent pas à déjouer. L'atmosphère y est sereine et fraternelle, décomplexée du contexte formateur des modes et des courants, donnant chaque note comme un cadeau féérique rendu gracieusement par la volonté de ses habitants musiciens, pour le plus grand plaisir des spectateurs, à commencer par votre serviteur.

Depuis la création de ce "big band" atypique en 2000, les étapes se succèdent et à chaque nouvelle réalisation l'ampleur de son aura grandit sur la scène internationale. Sur le papier il est écrit : « Le JBBG a trouvé son propre style qui associe la musicalité du jazz à toute sorte d'éléments tirés de la musique africaine, de la musique minimaliste et de la musique électronique et s'inspire de la littérature et de la culture pop ».


 


Personnellement, j'y aurai également ajouté la culture cinématographique tant il est vrai que les inspirations foisonnent du contraste et des saveurs de tous les courants artistiques. Souvent qualifiée d'avant-gardiste, cette formation est à l'image de ce qu'ambitionne le label ACT depuis maintenant de nombreuses années à travers un catalogue riche en signatures d'artistes indépendants, soucieux de faire progresser la musique de qualité pour un nombre toujours plus croissant d'auditeurs. Ce disque en est une nouvelle fois la démonstration.

De "Urban Tribes" jusqu'à "Rêve Africain", le parcours s'effectue sur un ton crescendo. D'abord l'euphorie du départ en guise d'introduction. Les amarres sont jetées et l'appel du grand large se fait sentir ("Seelenbaumeln"). L'attrait de ce voyage se perçoit rapidement, prenant tour à tour des airs mélancoliques aux tonalités mélodieuses, chacun souligné par une orchestration futée qui ne laisse pas de place à l'ennui. Le spectre musical progresse avec un minimalisme subtil et dessine un sillon large et éclectique pour tous les thèmes (la batterie drum&bass et les arrangements de cuivres de "High Voltage" rappelleront l'album "Two Pages" de 4 hero, ou encore le son d'un Phil Ranelin mouture "Rebirth" sur le chorus de trombone). "Rêve Africain" parle pour lui (tout est dans le titre comme on dit), avec une Hadja Kouyaté parfaitement à sa place, jusqu'à cette apothéose en guise de retour au bercail de plus de 12 minutes, en la présence du superbe "Coming Home" qui clôture ce disque de la plus belle des manières, révélant un petit coin de paradis. Tout simplement magnifique.


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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 09:32

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Lorsqu'on connait le point de vue de Nicholas Payton sur le jazz actuel et ses récentes prises de position en sa défaveur, il y a de quoi être surpris. Selon lui le jazz "moderne" se meurt dans des considérations trop intellectualisées. Il n'est plus en prise avec le quotidien des gens, coupé du contexte social qui était le sien au départ (extrait d'une interview dans le Jazz News d'Août 2012) : « cette musique est née et reflétait l'expérience d'une communauté. Quand vous enlevez cette dimension, que reste-t-il ? Un style » (à ce sujet, il opte désormais pour le terme B.A.M, pour Black American Music, dérivé subjectif qui d'après lui permet de relier tous les genres sous une seule et même dénomination). Une polémique toute relative qui a fait le buzz au début de l'été et que beaucoup de musiciens ne partagent bien évidemment pas. Il faut dire aussi que, venant de la Nouvelle-Orléans, ville socialement et culturellement ancrée dans le jazz, Nicholas Payton sait de quoi il parle. La tradition il connait, comme l'atteste le disque dont il est question aujourd'hui. Pour autant, peut-on vraiment parler d'évolution ? Comme beaucoup de musiciens, il s'est tourné en son temps vers un jazz teinté de funk ou de hip-hop, histoire de "garder le contact" avec la nouvelle génération, un peu à l'instar de ce que faisait Miles Davis dans sa grande période électrique (la comparaison s'arrête là). « Plus une musique se coupe de son environnement social, plus elle devient.... insulaire (N.P) ». Est-ce le fruit de la mondialisation, ou plus simplement l'émancipation des nouveaux outils de communications ? Toujours est-il qu'il me parait difficile dans un monde "ouvert" et "connecté" de ne pas succomber à la tentation de vouloir s'adresser au plus grand nombre. Dans ce contexte, les styles, les langues et les cultures se heurtent constamment, si bien qu'il n'est pas rare que des échanges s'opèrent naturellement, et ce sans que l'on ait à se demander si ce que l'on fait s'inscrit vraiment "dans la tradition" ou non, ou encore envers la communauté ou non. La digestion des styles et des courants prend du temps mais se fait sans en ignorer les origines, et peut importe le conservatisme de certains qui ne jurent que par le noir et blanc.

En cela, l'enrichissement personnel  n'a pas de limites et donne souvent naissance à un univers musical qui s'abreuve à différentes sources et qui s'inspire autant du passé que du moment présent. Seul le contexte social a changé, s'étendant à présent à toute la frange du globe, plus vaste et plus uniforme qu'auparavant, les peuples étant soumis au dictat de la mondialisation qu'ils soient de Chine ou des Etats-Unis, en passant par l'Europe. Vouloir à tout prix prêcher pour une paroisse aux odeurs de formol sans chercher à contextualiser sa musique n'a pas de sens, surtout en ces temps de doutes et de questionnements sur la marche de l'Histoire. Le jazz d'aujourd'hui est donc bien en prise avec le quotidien des gens; seule sa forme mue selon qu'il provienne de telle ou telle région du monde, et rien ne changera le fait que Miles, John, Charlie, Bud, Ornette ou d'autres en soient les pères fondateurs. Pour ma part j'ai toujours écouté énormément de musique. Le même type 40 ans plus tôt aurait eu besoin de 3 vies pour en entendre autant. Idem pour les musiciens. Pour peu que vous ayez du talent et de bonnes connaissances "basiques" (on en revient aux fondamentaux), rien ne vous empêchera par la suite d'user de toute l'étendue des connaissances qu'offre la vie moderne pour faire évoluer votre musique comme bon vous semblera, et de préférence plus loin que la restrictive voix communautaire dont parle Nicholas Payton. Mais pour en revenir à ce qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir ce "Into The Blue" au titre évocateur (polémique comprise), rien ne sera plus parlant pour clarifier mon propos que les extraits que j'ai choisis pour illustrer l'album.


Typiquement "classique" et pas follement jouissif pour un sou, ce disque sorti il y a 4 ans se veut donc dans la "tradition", une touche de modernité en plus avec l'apport du Rhodes et de quelques claquements de batteries "osés" mais peu convaincants. Pour être tout à fait honnête, il ne contient rien de novateur, si bien que j'ai du mal à croire qu'avec un tel opus il parvienne à rapprocher la jeunesse vers le jazz. Lancer le titre "Blue" (ou d'autres), c'est d'abord se faire sévèrement suer. Pour ma part je préfère de loin écouter ce dont sont (ou étaient) capables des artistes comme Boyan Zulfikarpašić, Anouar Brahem, Aaron Parks, Esbjörn Svensson, Christian Scott ou Michel Petrucciani (pour ne citer qu'eux). Finalement, "Into The Blue" passe surtout pour un insipide "Kind Of Blue" (qu'aucun disque ne fera oublier). A l'écoute, on ne retiendra finalement pas grand chose hormis ce très joli timbre suave de trompette dont on regrettera vite qu'il se trouve isolé face à la monotonie des thèmes. Même les embardées de Kevin Hays aux claviers ne m'ont pas persuadé de l'intérêt d'un tel disque, doux à n'en plus rien sentir et lisse comme une route trop bitumée. Son plus gros défaut provient surement des percussions qui semblent tout droit sorties du ventre d'un synthétiseur-arrangeur, ou encore les sons de batteries "cheaps" qui à eux seuls gâchent bon nombre de morceaux ("Triptych" - "The Crimson Touch" - "Nida" - "Fleur De Lis" - "The Charleston Hop"). Typique du son de l'album, section rythmique comprise, la sonorité générale est assez uniforme et manque globalement de "peps", exceptée faite de quelques chorus de Payton. Reste qu'après avoir lu le constat qu'il dresse sur le devenir du jazz, l'envie me pousse à aller voir plus en détail ce qu'il a pu produire depuis, mais également par le passé. Mais pour l'heure, n'en ayant pas d'autres à vous proposer, vous comprendrez que l'occasion était trop bonne de revenir sur ses propos tout en les confrontant à une musique, comment dire... pour le moins peu adéquate à me faire vibrer mais, dois-je à mon grand regret le reconnaitre, plutôt en accord avec les arguments qu'il défend (je vous invite à lire l'interview en question si vous en avez l'occasion ou encore à aller sur son blog, ici).

C'est donc à un album très classique et peu enthousiasmant que vous pourrez vous attendre en la compagnie de "Into The Blue", en espérant que parmi sa discographie personnelle quelques moments choisis puissent éveiller en moi cette "dimension de l'expérience de la communauté" à travers son oeuvre, qui pour l'heure, et après une étude approfondie, m'échappe quelque peu. A suivre donc.

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